
« Deviens la meilleure version de toi-même. »
Cette phrase est devenue un véritable mantra du développement personnel.
Partout, nous sommes invités à évoluer, à progresser, à dépasser nos limites, à travailler sur nous-mêmes pour devenir enfin celui ou celle que nous devrions être.
Comme s’il existait quelque part une version idéale de nous-mêmes à atteindre.
Une version plus consciente.
Plus sereine.
Plus accomplie.
Plus heureuse.
Et si cette quête reposait sur un malentendu ?
Le désir de devenir quelqu’un de mieux
La plupart du temps, lorsque nous cherchons à nous améliorer, nous partons d’un constat implicite :
« Je ne suis pas encore assez. »
Pas assez confiant.
Pas assez épanoui.
Pas assez aligné.
Pas assez avancé sur mon chemin.
Alors nous nous mettons en mouvement.
Nous lisons des livres.
Nous suivons des formations.
Nous entreprenons des démarches thérapeutiques.
Nous cherchons à comprendre ce qui ne va pas en nous.
Cette recherche n’est pas un problème en soi.
Elle témoigne souvent d’un profond désir de mieux se connaître et de donner davantage de sens à sa vie.
Mais parfois, derrière cette volonté d’évolution se cache une forme plus discrète de rejet de soi.
Comme si nous ne pouvions être en paix qu’une fois devenus quelqu’un d’autre.
Avons-nous réellement fait de notre mieux ?
Prenons un instant pour regarder notre histoire avec honnêteté.
Lorsque nous repensons à notre parcours, aux événements traversés, aux décisions prises, aux erreurs commises, pouvons-nous sincèrement affirmer que nous avons cherché à agir contre nous-mêmes ?
La plupart du temps, la réponse est non.
Que nous ayons été dans la peur ou dans la confiance. Dans la survie ou dans la conscience. Dans la confusion ou dans la clarté. À chaque instant, nous avons agi avec les ressources dont nous disposions.
Avec notre niveau de compréhension du moment. Avec notre histoire. Avec nos blessures. Avec nos croyances. Avec les informations auxquelles nous avions accès.
Nous avons fait ce qui nous semblait juste, possible ou nécessaire à cet instant précis.
Non parce que nous étions parfaits. Mais parce que nous étions la totalité de ce que nous pouvions être à ce moment-là.
Le piège du regard rétrospectif
La souffrance apparaît souvent lorsque nous regardons notre passé avec les yeux d’aujourd’hui.
Nous jugeons celui ou celle que nous étions. Nous pensons que nous aurions dû savoir. Que nous aurions dû comprendre plus tôt. Faire autrement. Choisir autrement. Être autrement.
Mais ce regard est profondément injuste. Car il oublie une réalité essentielle :
Les perceptions que nous possédons aujourd’hui n’étaient pas celles que nous avions hier.
Nous évaluons notre passé à partir d’informations qui n’existaient pas encore pour nous à l’époque. Et ce faisant, nous entretenons l’idée qu’il y aurait eu une meilleure façon d’être. Une meilleure version de nous-mêmes.
Le personnage qui cherche à s’améliorer
Lorsque nous observons de plus près cette quête de la meilleure version de soi-même, une question apparaît :
Qui cherche exactement à devenir meilleur ?
Souvent, sans nous en rendre compte, nous nous identifions à une image de nous-mêmes.
Un personnage construit à travers notre histoire, nos croyances, nos blessures, nos réussites et nos échecs.
C’est ce personnage qui se compare. C’est lui qui se juge. C’est lui qui se projette dans un futur où il serait enfin arrivé quelque part.
Il imagine alors une version plus accomplie de lui-même et entreprend de nombreux efforts pour tenter de la rejoindre.
Mais ce mécanisme crée un clivage intérieur. D’un côté, celui que je suis aujourd’hui. De l’autre, celui que je devrais devenir.
Et tant que cette distance existe, une forme d’insatisfaction demeure.
Car le personnage cherche sans cesse à se corriger, à se perfectionner, à devenir autre chose que ce qu’il est.
Peut-être que la souffrance ne vient pas de ce que nous sommes.
Peut-être vient-elle de cette identification à une image de nous-mêmes qui se vit comme incomplète.
La conscience, elle, n’a rien à améliorer. Elle observe simplement l’expérience qui se déploie. Elle accueille chaque étape du chemin sans la comparer à une autre.
L’évolution n’est alors plus une course vers un idéal. Elle devient la reconnaissance progressive de ce qui a toujours été là.
Et si chaque instant avait déjà été juste ?
Et si chaque instant de notre vie avait été l’expression la plus juste de ce que nous étions à cet endroit de notre histoire ?
Non pas une erreur à corriger. Non pas une étape ratée. Non pas une version incomplète de nous-mêmes. Mais l’expression exacte de notre état de conscience du moment.
Cette perspective ne consiste pas à nier nos responsabilités ni à justifier nos comportements.
Elle invite simplement à regarder notre parcours avec davantage de bienveillance et de lucidité.
À reconnaître que nous avons toujours fait de notre mieux avec ce que nous étions.
L’évolution n’est pas l’amélioration
L’évolution ne consiste pas à devenir une meilleure version de soi. Elle consiste simplement à élargir notre regard. À voir ce qui nous échappait auparavant. Simplement nous reconnaître dans nos fonctionnements de survie
Dans cette perspective, nous ne passons pas d’une mauvaise version à une bonne version.
Nous passons simplement d’un niveau de conscience à un autre.
L’être que nous étions hier n’était pas moins valable que celui que nous sommes aujourd’hui.
Il était simplement différent.
Accueillir ce qui a été
La paix intérieure commence peut-être ici.
Dans l’accueil de ce qui a été.Dans l’accueil de ce qui est. Dans la reconnaissance que nous n’avons jamais été une erreur à corriger. Que nous ne sommes pas un projet à réparer. Que nous ne sommes pas en retard sur notre vie.
À chaque instant, nous sommes la version exacte que la vie est en train d’expérimenter à travers nous.
Et peut-être qu’au lieu de chercher sans cesse à devenir quelqu’un de mieux, nous pourrions commencer par reconnaître pleinement celui ou celle que nous sommes déjà.
Un exemple en séance
Une personne découvre la méditation, la conscience, la spiritualité.
Peu à peu, elle construit l’image de ce qu’un être éveillé devrait être.
Toujours calme.
Toujours bienveillant.
Toujours centré.
Jamais en colère.
Jamais affecté.
Puis un jour, elle ressent de la peur, de la tristesse ou de la colère.
Au lieu d’accueillir simplement cette expérience, elle se juge.
« Je devrais être plus conscient. »
« Je ne suis pas assez avancé. »
« Je croyais avoir dépassé cela. »
La souffrance ne vient plus de l’émotion vécue.
Elle vient de l’écart entre l’expérience réelle et l’image idéale que le personnage entretient de lui-même.
Ce n’est plus la colère qui fait souffrir.
C’est l’idée qu’une personne spirituelle ne devrait pas être en colère.
Le personnage souffre toujours de ce qu’il n’est pas encore. La conscience, elle, accueille simplement ce qui est.
Deux approches complémentaires
La Bioanalogie et la Clair-information travaillent toutes deux autour des structures inconscientes.
La différence réside principalement dans la porte d’accès utilisée :
- la Bioanalogie s’appuie sur la lecture symbolique de la clé de naissance,
- la Clair-information repose sur une lecture informationnelle issue de la psyché de la personne.
Ces deux approches peuvent être utilisées séparément ou combinées au sein d’un même accompagnement.
Stéphanie Poulakos
Rééquilibrage énergétique · Bioanalogie · Clair-information psychique
Séances en cabinet près d’Annecy et à distance.
